Dans la vie d’une entreprise, les conflits entre associés sont fréquents et parfois inévitables. Ils peuvent surgir dès la création de la société ou apparaître plus tard, une fois que l’activité a pris de l’ampleur. Certains conflits sont liés à des divergences sur la stratégie commerciale, d’autres naissent d’un déséquilibre perçu dans l’investissement personnel ou financier de chacun. L’un estime supporter seul les efforts, l’autre se sent écarté des décisions importantes.
Un conflit peut aussi surgir autour de la définition des frais professionnels : l’un reproche à l’autre d’intégrer dans les charges de l’entreprise des dépenses personnelles injustifiées. Il peut s’agir de la rivalité pour l’image auprès des clients, d’un désaccord sur la gestion, ou même d’une mésentente quant aux rôles et aux responsabilités. Et lorsque la confiance vacille, le conflit prend racine.
Si ce conflit est porté devant les tribunaux, la sanction est souvent radicale : dissolution de la société, nomination d’un expert judiciaire, longue procédure, coûts élevés, et au final un jugement qui ne satisfait réellement aucun des deux associés. La relation humaine, pourtant au cœur du projet commun, est irrémédiablement brisée.
C’est ici que la médiation prend tout son sens. Le médiateur, tiers neutre et indépendant, crée un espace sécurisé pour que chacun puisse s’exprimer, entendre l’autre et comprendre ce qui a conduit au conflit. Il ne s’agit pas de trancher, mais de permettre une remise en dialogue. Cela peut aboutir à une réorganisation des rôles, à la révision d’un pacte d’associés, ou à une séparation apaisée et équitable.
Plutôt que de laisser le conflit détruire ce qui a été construit ensemble, la médiation offre l’opportunité de transformer la crise en nouvel élan — ou du moins, en sortie respectueuse.